L’agriculture actrice-clé de la vie des territoires

Les gens l’oublient parfois mais les agriculteurs font bien davantage que nourrir les populations. Approvisionnement en énergie, entretien des paysages, préservation des patrimoines naturel et culturel, les agriculteurs sont des acteurs essentiels des territoires et sont directement liés à leur dynamisme. Tour d’horizon du rôle très riche qu’ils jouent dans la vie de nos régions.

L’agriculture fait face à un nombre important de défis, mais elle reste un secteur essentiel du point de vue économique, notamment en Europe.

L’Union européenne est en effet la première puissance agricole mondiale. L’industrie agroalimentaire représente 7% de son commerce avec le monde. En 2013, l’agriculture européenne enregistrait 10, 8 millions d’exploitations réparties sur près de 40% du territoire. Le secteur emploie 4% de la population active et génère plus de 400 milliards d’euros. Parmi les producteurs les plus importants, la France est historiquement en tête. Avec 73 milliards d’euros de production en 2017, elle devance l’Allemagne (56 milliards) et l’Italie (51 milliards).

Diversification des activités agricoles et création d’emplois

Si son premier rôle est évidemment de nourrir les populations, l’agriculture produit aussi un ensemble de biens non alimentaires qui bénéficient à d’autres secteurs et dynamisent certaines régions parfois isolées. Elle fournit par exemple de quoi alimenter les industries énergétiques, textiles ou du bâtiment. En France, la filière forêt-bois compte plus de 400 000 emplois, naturellement situés au cœur des régions rurales, où se trouvent les forêts. Outre cette dimension économique, la filière joue un rôle-clé dans la transition écologique et énergétique du pays.

La transition énergétique se révèle d’ailleurs un moteur du lien entre agriculture et territoires. Le secteur agricole, responsable de 24% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, se mobilise en effet de plus en plus pour limiter ses externalités négatives en valorisant le maximum de ses productions. Les fibres naturelles remplacent de plus en plus souvent les fibres de verre dans les matériaux de construction et une quantité croissante de produits agricoles sont désormais destinés à la production de biocarburants et de biogaz.

En 2016, l’Europe comptait 17 662 installations de biogaz alimentés en grande partie par les résidus de récolte et le fumier, contre seulement 6 227 en 2009.

Ces nouvelles activités, qui sont autant de nouveaux marchés pour les agriculteurs, stimulent les communautés rurales en encourageant l’installation d’industries locales et la création d’emplois.

La préservation des territoires au cœur des nouvelles pratiques agricoles

Les préoccupations environnementales et de santé favorisent également le développement d’une agriculture biologique particulièrement dynamique. Entre 2012 et 2017 en France, celle-ci a généré la création de près de 50 000 emplois et atteint 134 500 emplois. Parmi eux, 88 400 concernent le travail au sein des fermes, mais c’est en réalité toute la filière qui est dynamisée avec notamment une augmentation des postes liés à la transformation et à la distribution des produits bio.

Outre les questions économiques,

la logique environnementale adoptée par un nombre croissant d’agriculteurs a un impact positif sur les territoires.

Ces pratiques participent en effet à la préservation des paysages et de leur biodiversité. L’agroforesterie en est un exemple : la plantation d’arbres et de haies permet de mieux stocker le carbone, d’améliorer la structure des sols, de limiter la pollution des nappes phréatiques, d’augmenter la biomasse et d’accueillir la biodiversité essentielle pour l’équilibre des écosystèmes. Le façonnage du paysage joue également un rôle dans la protection contre les évènements climatiques, sécheresses comme inondations.

Et pour faire découvrir toutes ces dimensions de leur métier, les agriculteurs ouvrent désormais les portes de leurs exploitations. Partout en Europe fleurissent des offres de tourisme rural. En 2017, 23 406 fermes agritouristiques italiennes accueillaient des touristes (+3, 3% par rapport à 2016). En France, le tourisme rural représente près d’un tiers de la fréquentation touristique hexagonale.

Présentation des activités de la ferme, participation aux vendanges, dégustation de produits locaux, cet agritourisme valorise les productions, paysages, architectures et communautés locales, renouvelant là encore indiscutablement la vie des territoires. Qui se doutait que derrière une pomme achetée dans un supermarché, c’est finalement une chaîne considérable d’acteurs qui est engagée ?

Sources